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Facturation électronique : se préparer dès maintenant pour 2026

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Facturation éléctronique

Au 1er septembre 2026, la France entrera dans l’ère de la facturation électronique.
Cette réforme, imposée par le Gouvernement dans le cadre de la loi de finances, concernera toutes les entreprises de France assujetties à la TVA, ainsi que les auto-entrepreneurs.
La facturation électronique implique des changements importants pour votre entreprise sur les plans comptables, opérationnels, techniques et fiscaux. Dans cet article, nous vous partageons l’essentiel des informations à savoir pour comprendre et vous préparer à cette mise en conformité.

Sommaire 

  1. Contexte, enjeux et bénéfices de la Facturation électronique (FE)
  2. Qu’est-ce qu’une facture électronique ? définition, les formats
  3. Facturation électronique : quelles sont les entreprises concernées et le calendrier ?
  4. Les 2 obligations à respecter : e-invoicing et e-reporting
  5. Pourquoi anticiper et comment se préparer dès maintenant pour 2026 ?
  6. Comment votre cabinet d’expert-comptable peut vous accompagner ?
  7. Le mandat « opt-in » : simplifiez votre transition vers la facture électronique

 

facturation-electronique-fiche-pratique

En bref ce qu’il y a à savoir :

  • Plateforme Agréée (PA) (ancienne dénomination Plateforme de Dématérialisation Partenaires (PDP)) : Les entreprises auront l’obligation d’échanger des factures via des plateformes numériques spécifiques, agréées par le gouvernement (les PDP). Ces plateformes serviront de « points de passage » obligatoires pour toutes les factures. L’échange direct de factures, comme nous le connaissons aujourd’hui, ne sera plus possible.
  • Factur-X : Pour les entreprises qui vendent à d’autres entreprises (B2B), un format de facture standardisé sera utilisé : Factur-X. Ce format obligatoire sera lisible par les humains et exploitable automatiquement par les systèmes informatiques.
  • Si une entreprise vend à des particuliers ou à l’étranger, elle devra réaliser un « e-reporting« . Cela consiste à envoyer régulièrement un relevé des ventes et de la TVA à l’administration fiscale.
  • Grâce au mandat « opt-in », vous pouvez confier à votre expert-comptable le choix de votre plateforme agréée (PA) et l’inscription de votre entreprise à l’annuaire.
  • Calendrier obligatoire
    • A partir du 1er septembre 2026, les petites entreprises (TPE/PME) commenceront à recevoir les factures de grandes entreprises via les plateformes agréées (PA).
    • Puis, à partir du 1er septembre 2027, les TPE/PME devront à leur tour envoyer leurs factures aux autres entreprises en utilisant ces mêmes plateformes et le format Factur-X.

Contexte, enjeux et bénéfices de la FE

Contexte de la réforme

La réforme de la facturation électronique fait partie d’une série de mesures décidées par le gouvernement visant à :

  • moderniser les processus financiers,
  • renforcer la transparence fiscale,
  • lutter contre la fraude à la TVA.

En imposant progressivement ce système à toutes les entreprises assujetties à la TVA, l’État souhaite non seulement sécuriser les échanges commerciaux, mais aussi optimiser la collecte des recettes fiscales.
À l’horizon du 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France devront ainsi être en mesure de recevoir des factures électroniques.
L’obligation d’émettre ces factures s’appliquera, quant à elle, à partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), puis du 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et micro-entreprises.

Les enjeux : pourquoi cette réforme ?

L’Etat met en place cette réforme pour :

  • assurer des échanges de factures uniquement sous forme dématérialisée
  • un flux de factures informant la Direction générale des Finances Publiques (DGFiP)
  • structurer la dématérialisation sous plusieurs Normes : CII, UBL, Factur-X
    Factur-X est un format PDF structuré comportant des données XML. Ce format a l’avantage d’être lisible à la fois par les humaines et les machines.

Les objectifs de la facturation électronique sont :

  • Réduire les coûts de traitement & les erreurs pour les entreprises
  • Automatiser (à terme) la déclaration fiscale et le contrôle fiscal
  • Améliorer la connaissance des entreprises pour la DGFiP (Direction Générale des Finances Publiques)
  • Lutter contre la fraude à la TVA : estimée à 16 milliards d’euros

Qu’est-ce qu’une facture électronique ?

En termes simples, une facture électronique est une facture dématérialisée contenant des informations exploitables pour des traitements automatisés par des machines. Elle ne peut plus être au format papier, ni être au simple format PDF.

Ancien format ➡️ Nouveau format
Facture dématérialisée
Facture PDF simple ou facture papier qui est ensuite scannée pour faciliter le stockage, l’archivage ou l’envoi . ❗Ce document ne comporte pas de données structurées, ce n’est pas une facture électronique.
Facturation électronique
La facture électronique est un format permettant aux systèmes informatiques d’extraire automatiquement les informations sans intervention humaine.
La facture électronique est créée, envoyée, reçue et archivée sous forme numérique, dans le respect des obligations légales. Elle repose sur un échange de données structurées entre machines (en XML). Le format Factur-X, particulièrement adapté aux TPE/PME, est un standard hybride : il combine un format lisible par l'homme (PDF) et un format exploitable informatiquement (XML). Factur-X est compatible avec les logiciels de comptabilité et de gestion.

Quels sont les bénéfices de la facturation électronique pour votre entreprise ?

La digitalisation du processus de facturation avec la réforme présente de nombreux avantages :

  • Accélérer le processus de facturation, faciliter le suivi et assurer la fiabilité des données de gestion
  • Réduire le taux d’erreurs de facturation de 15-18% à ~0%
    grâce au contrôle des factures par les Plateformes Agréées (PA), évitant ainsi des erreurs courantes comme les erreurs de sommes ou de libellé.
  • Réduire les délais et retards de paiement avec le cycle de vie de suivi des factures
  • Suivreles statuts de paiement de ses factures émises/reçues en temps réel
  • Améliorer la conformité des documents car l’émission d’une facture sera obligatoirement faite par un émetteur agréé et le contenu de la facture automatiquement vérifié

Facturation électronique : quelles sont les entreprises concernées et le calendrier ?

Les entreprises assujetties à la TVA

La facturation électronique s’applique aux transactions entre assujettis qui entrent dans le champ de la TVA en France et pour lesquelles les règles de facturation françaises sont applicables. Les auto-entrepreneurs, assujettis à la TVA, sont également concernés.

Il y a des exclusions : les domaines qui ne sont pas soumis à la TVA :

  • Santé
  • Enseignement et formation continue
  • Défense
  • Associations à but non lucratif
  • Banque/assurance

Calendrier des obligations  : à quelle date devez-vous émettre et/ou recevoir des factures électroniques ?

Calendrier-facturation-electronique-2026-2027

En tant que TPE/PME assujetties à la TVA, vous devrez respecter le calendrier pour être en conformité :

  • 1er septembre 2026 : vous devrez être en mesure de recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs et des grandes entreprises (EDF, Orange, etc.).
  • 1er septembre 2027 : vous devrez être en mesure d’émettre des factures électroniques à destination de vos clients.

En cas de non-respect de la réforme pour les entreprises

  • Aucune possibilité de déduire la TVA des factures
  • Amende forfaitaire de 15 € par facture en cas de non-émission sous format électronique, avec un plafond de 15 000 € par année civile

Comment allez-vous facturer demain ?

Les 2 obligations à respecter: e-invoicing et e-reporting

Les deux obligations de la facturation électronique sont :

  • E-invoicing (facturation électronique) : il s’agit de l’obligation d’émettre et de recevoir des factures électroniques pour les transactions B2B autrement dit entre entreprises soumises à la TVA.
  • E-reporting (transmission de données) : concerne l’obligation de transmettre des données de transactions et de paiement à l’Administration fiscale pour les opérations B2C (entreprise à particulier) et B2B à l’international (entreprise vers une entreprise à l’international).

L’e-invoicing et l’e-reporting se distinguent par leurs mécanismes respectifs.

Il convient de vous demander : Qui sont vos clients ? Vous devez respecter ces mécanismes selon la typologie de vos clients et les types de transactions :

  • Vos clients sont des professionnels (B2B) en France : vous êtes concernés par l’e-invoicing
  • Vos clients sont des particuliers (B2C) et/ou des professionnels à l’international (B2Bi): vous êtes concernés par l’e-reporting uniquement

e-reporting et e-invoicing : comprendre

❓Vous vous interrogez sur vos obligations ?

E-invoicing B2B avec le passage obligé par les PDP

L’e-invoicing décrit la transaction entre deux entreprises françaises assujetties à la TVA.

L’e-invoicing permettra de déclarer la TVA et d’informer l’État sur les factures. Il impliquera obligatoirement une plateforme dénommée Plateforme Agréée (dénommée aussi PDP, Plateforme de Dématérialisation Partenaire). Environ 80 PDP seront validées par le gouvernement en 2025. Le déclarant sera libre de choisir sa PDP en fonction des services attendus. Toutes les PDP seront payantes, il n’existera aucune solution gratuite.

Les principales fonctions de la Plateforme Agréée (PA, ex-PDP) seront :

  • Vérification dans la base annuaire:
    La PDP s’assure que votre client est bien inscrit dans l’annuaire de la DGFIP avec toutes les informations obligatoires et dispose de sa propre PDP, apte à recevoir la facture électronique.
  • Transmission des factures électroniques :
    La PDP assure la transmission sécurisée des factures électroniques entre les fournisseurs et les clients, en respectant les formats standardisés comme Factur-X.
  • Validation du format des factures :
    Elle vérifie la conformité des factures avec les exigences légales et fiscales avant de les transmettre à l’administration fiscale.
  • Acceptation ou rejet des factures:
    En réception (côté client), la PDP vous permet de vérifier les factures puis de les accepter ou de les refuser d’un simple clic.
  • Archivage électronique :
    La PDP offre des services d’archivage électronique sécurisé des factures, garantissant leur intégrité et leur accessibilité pendant la durée légale de conservation.
  • Suivi, cycle de vie et traçabilité :
    Elle permet de suivre l’état des factures (émission, réception, validation) et également les étapes de paiement (cycle de vie) afin d’assurer une traçabilité complète des transactions.
  • Interopérabilité :
    Elle assure l’interopérabilité entre différents systèmes de facturation et de comptabilité, facilitant ainsi l’intégration des processus de facturation électronique dans les entreprises.

schéma circuit de transmission des factures et des données du gouv

Selon le schéma, la facture transite directement via les plateformes privées certifiées (PDP). Ces dernières extraient des factures les informations à destination de l’Administration et du destinataire, qui devra disposer également de sa propre PDP.

👉 Pour en savoir plus sur l’annuaire de la facturation électronique, lisez notre guide complet.

E-reporting : BtoB international et BtoC

Transaction entre un assujetti à la TVA établi en France et un non assujetti, particulier ou BtoB international

L’e-reporting permet d’informer l’administration fiscale des transactions qui n’entrent pas dans le champ de l’e-invoicing, à savoir les opérations B2Bi (d’une entreprises française vers une entreprise non-nationale) et vers un particulier (B2C)

L’e-reporting consistera en l’échange de

  • Données de transactions : pour déclarer à l’Administration fiscale le chiffre d’affaires réalisé sur des opérations de ventes
  • Données de paiements: pour déclarer les encaissements réalisés sur des prestations de services en cas d’exigibilité de la TVA sur les encaissements

e-reporting flux documents schéma

L’e-reporting s’effectue soit à l’aide d’un logiciel de dématérialisation préconisé par l’administration fiscale ou par l’intermédiaire du logiciel de caisse via le format “Ticket Z”, ou ticket de caisse, qui contient toutes les informations sur chaque transaction.

Malgré tout, comme pour le e-invoicing, les données devront transiter par une PDP, Plateforme de Dématérialisation Partenaire (voir plus haut).

Ainsi, votre outil de caisse ou de facturation devra être compatible avec votre Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) pour transmettre ces données.

Pourquoi anticiper et comment vous préparer dès maintenant pour 2026 ?

⏱️Le compte à rebours est lancé pour la mise en conformité de la réforme sur la facturation électronique. La mise en place d’une solution de facturation électronique adaptée nécessite une préparation minutieuse à démarrer.

Pour vous préparer :

1.Mettez à jour ou changez votre logiciel de facturation  

Adieu les factures Word, Excel ou les PDF simples ! Assurez-vous que vous disposez d’un logiciel de facturation compatible avec l’une des 3 nouvelles normes acceptées (la plus probable pour vous sera Factur-X).
Certains outils seront PDP, d’autres ne seront que OD (Opérateur de dématérialisation).
Les premiers seront les plus simples puisque le flux d’envoi sera intégré à l(outil.
Dans le cas des seconds, un OD n’a pas reçu l’accréditation du gouvernement pour être une Plateforme agréée (PA). En revanche, il est censé assurer l’interopérabilité avec toutes les plateformes agréées (PDP). Il faudra donc utiliser un deuxième outil, la PDP, pour gérer les flux de factures.
👉 Au sein d’Anderlaine, votre Chargé d’Expérience client vous conseille et vous oriente sur le le logiciel le plus adapté.

2.Choisissez une solution de transmission de facturation électronique : PDP

Vous devrez choisir une plateforme agréée (PDP), un logiciel en ligne payant, qui vous permettra d’émettre et de recevoir vos factures en toute simplicité. Votre PDP se chargera également de transmettre les informations nécessaires à la DGFiP.

Comme expliqué ci-dessus, certains logiciels de caisse ou de facturation ne seront pas des plateforme agréées (PA/PDP) mais simplement opérateur de dématérialisation (OD). Auquel cas, il suffira de le raccorder à votre Plateforme Agréée choisie.

👉Pour choisir votre Plateforme Agréée, il est pertinent de s’appuyer sur l’expertise de votre cabinet car ce choix de PA, appelé aussi PDP doit être fait en prenant en compte la taille de votre entreprise et votre secteur d’activité.

3.Inscrivez-vous à l’annuaire des entreprises :

vous devrez vous inscrire dans l’annuaire de la DGFiP en y indiquant votre PDP et les informations de votre entreprise à partir de janvier 2026 et avant septembre 2026. Cette inscription est indispensable pour recevoir vos factures électroniques. Anticipez pour éviter le stress de dernière minute !
👉Conseil Anderlaine : veillez à vous référer à votre cabinet d’expertise comptable avant toute démarche.

Comment votre cabinet d’expertise comptable peut-il vous accompagner ?

La réforme de la facturation électronique représente un changement majeur pour toutes les entreprises en France. En tant que cabinet d’expertise comptable, nous agissons à vos côtés pour vous assurer une mise en conformité totale avec les obligations de la facturation électronique.

Nous étudions en collaboration avec les autres acteurs majeurs de l’expertise comptable les PDP adaptées aux différentes typologies d’activités. En prenant en compte les différentes caractéristiques des PDP, nous serons en mesure de vous recommander la PA qui répondra le mieux à vos besoins selon le contexte de votre entreprise.

  • Connaissance des enjeux et besoins selon le contexte de l’entreprise
  • Maîtrise des obligations légales et fiscales de la réforme
  • Conseils d’outils adaptés à chaque activité en fonction de la volumétrie
  • Conseils pro actifs basés sur l’activité en temps réel

La facture électronique est une opportunité pour vous d’évoluer vers une gestion plus efficace et sécurisée, soutenue par le gouvernement. 

Comment votre cabinet d’expertise comptable peut-il vous accompagner ?

Expert-comptable facturation électronique

Le mandat « opt-in » : simplifiez votre transition vers la facture électronique

À l’approche de la généralisation de la facturation électronique, une nouvelle étape clé se profile : le mandat opt-in. Ce dispositif vous permet de confier à votre expert-comptable Anderlaine la gestion de démarches essentielles :

  • L’inscription de votre entreprise à l’annuaire officiel de la facture électronique ;
  • Le choix et l’enregistrement de la Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) la plus adaptée à vos besoins.

Le mandat sera disponible dès cet automne.

Pourquoi déléguer cette mission à votre expert-comptable Anderlaine ?

  • Sécurité et conformité : nous veillons au respect des obligations légales en vigueur ;
  • Intégration fluide : nous assurons une compatibilité optimale avec vos outils existants ;
  • Gain de temps : nous prenons en charge l’ensemble des formalités pour vous.

Pour aller plus loin sur la facturation électronique

Nous vous invitons à lire le guide conçu par l’association des cabinets d’expertise comptable

Le petit lexique de la facturation électronique

Les Opérateurs de Dématérialisation (OD)

Ce sont les opérateurs qui offrent une aide aux entreprises en amont ou en aval des Plateformes Privées Certifiées (PDP) afin de les aider à se conformer aux nouvelles obligations réglementaires

Les Plateformes Agréées (PA)

(ancienne dénomination Plateforme de Dématérialisation Partenaires PDP)

Il s’agit des plateformes privées qui ont fait l’objet d’une immatriculation auprès de l’État. Leurs principales missions :

  • Échanger les factures électroniques,
  • Contrôler la conformité des documents déposés,
  • Fournir les données pour la mise à jour de l’annuaire central,
  • Transmettre les factures électroniques en garantissant leur caractère original,
  • Assurer l’interopérabilité et la mise à disposition des documents,
  • Garantir la bonne gestion des flux transmis,
  • Garantir la bonne transmission des données du e-invoicing et du e-reporting à l’administration.

DGFiP = Direction Générale des Finances Publiques

  • Actualités décryptées

Abandon de poste

Le

Les employeurs doivent informer le salarié qui abandonne son poste que le défaut de reprise du travail ou de justification de son absence sera assimilé à une démission.

Mars 2025 – semaine 10

Écrit par La Rédaction

  • Actualités décryptées

Nomination d’un administrateur provisoire en cas de mésentente entre associés

Le

Il y a quelques mois, un profond désaccord est apparu entre associés de notre société. Et depuis, la gestion de la société s’en trouve sérieusement entravée. Etant moi-même associé, que puis-je faire pour débloquer la situation ?

Dans cette situation, vous pouvez, en tant qu’associé, demander en justice la désignation d’un administrateur provisoire qui sera chargé de gérer la société. Mais à condition que l’entreprise soit confrontée à de graves difficultés qui l’empêchent de fonctionner normalement et qu’elle soit exposée à un péril imminent. Si le juge estime que ces deux conditions sont réunies, il désignera un administrateur provisoire, tout au moins s’il pense que la situation peut être redressée.

À noter toutefois que la désignation d’un administrateur provisoire est une mesure exceptionnelle qui n’est prise par les juges que dans les situations les plus graves, quand il y a un risque de paralysie pour la société. Du coup, si le juge estime que les conditions ne sont pas réunies pour nommer un administrateur provisoire, vous pouvez toujours lui demander de désigner un mandataire ad hoc qui aura alors pour simple mission par exemple de tenter de les concilier.

Et si aucune solution n’est possible, il faudrait alors peut-être envisager de dissoudre la société…

Écrit par La Rédaction

  • Conseil d'experts

Partage de la valeur: une obligation dès 2025, comment choisir le dispositif ?

loi-partage-de-la-valeur-dispositifs vidéo expert

La loi Partage de la Valeur est au cœur des discussions actuelles avec l’obligation en 2025 pour les sociétés d’au moins 11 salariés de se doter d’un dispositif de partage de la valeur en cas de réalisation d’un certain niveau de bénéfice pendant 3 exercices consécutifs.

Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon de cette actualité et des dispositifs de partage de la valeur, pour vous aider à y voir plus clair et à faire les meilleurs choix pour votre entreprise.

Au sommaire

  1. L’obligation en bref avec la minute de nos experts
  2. Est-ce que votre entreprise est concernée ?
  3. Obligation pour les PME de mettre en place un dispositif de partage de la valeur
  4. Comment choisir le dispositif à mettre en place ?🔍Tableau synthétique des différents dispositifs : 
  5. Pourquoi se faire accompagner ?
loi partage de la valeur - choisir un dispositif

L’obligation en bref avec la minute de nos experts

Décryptage de cette obligation et des dispositifs expliqués par Camille Gerin, juriste en droit social et Amandine Chappel, conseillère en Protection sociale

Partage de la valeur - obligation pour les entreprises de mettre en place un dispositif 2025

Est-ce que votre entreprise est concernée ?

Vous êtes soumis à cette nouvelle obligation en 2025 si votre entreprise remplit les 3 conditions suivantes :

  • entreprise d’au moins 11 salariés équivalents temps plein au 31/12 (appelé « effectif Code de sécurité sociale ») ;
  • n’être pas couverte, au titre des trois exercices comptables précédents le 1er janvier 2025 (2022, 2023 et 2024), par l’un des dispositifs de partage de la valeur suivants : participation, intéressement, abondement d’un plan d’épargne salariale ou prime de partage de la valeur ;
  • Et, un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs (définition du bénéfice identique à celui retenu pour le calcul de la participation)

La loi est à titre expérimental, elle s’applique pendant une durée de 5 ans.
Actuellement, la loi n’a prévu aucune sanction en cas de non-respect de cette obligation.

👉A noter : Bien que l’obligation actuelle concerne les sociétés d’au moins 11 salariés, elle traduit la volonté des pouvoirs publics de favoriser progressivement le partage de la valeur au sein des entreprises.

Obligation pour les PME de mettre en place un dispositif de partage de la valeur

Ainsi si l’entreprise satisfait aux conditions de bénéfice en 2022, 2023 et 2024, elle devra obligatoirement avoir mis en place en 2025 (hors cas particuliers) un dispositif de partage de la valeur.

Ce dispositif sera, au choix de l’entreprise :

  • De la participation aux bénéfices,
  • De l’intéressement aux résultats,
  • Un abondement à un plan d’épargne salariale
  • Une prime de partage de la valeur.

La loi sur le partage de la valeur a pour vocation d’associer davantage les salariés aux performances de l’entreprise. Elle offre également aux employeurs des outils pour renforcer la motivation individuelle/collective et la fidélisation de leurs équipes, tout en permettant aux salariés de bénéficier d’une rémunération avantageuse et d’une épargne pour leur avenir.

Comment choisir le dispositif à mettre en place ?

Pour avoir un aperçu des différents dispositifs d’intéressement aux résultats de l’entreprise et des modalités, voici un tableau synthétique par dispositif qui répond à des questions clés que vous pouvez vous poser : comment est calculée la prime de participation ? Quels sont les avantages de chaque dispositif ?

  1. Prime partage de la valeur
  2. Accord d’intéressement
  3. Accord de participation
  4. Plan d’épargne salariale :
    Plan d’épargne entreprise – PEE
    Plan d’épargne retraite entreprise collectif – PERECO

Prime de Partage de la Valeur

DispositifPrime de Partage de la Valeur (PPV)
DéfinitionPrime financière
Bénéficiairesalariés titulaires d’un contrat de travail à la date du versement de la prime ou à la date de signature de la DUE (choix à faire dans la DUE)
Méthode de calculMontant libre, modulable selon les critères suivants :
- Rémunération
- Ancienneté
- Classification
- Durée de présence effective
- Durée de travail prévu au contrat
Mise en placeDécision unilatérale de l’Employeur (DUE)
Avantages pour les salariésExonération de cotisations et d'impôt, sous conditions. S’il y a un plan d’épargne : Choix du salarié : épargner ou percevoir
Avantages pour l’entrepriseFlexibilité dans la date de versement
Exonération de cotisations sociales sous conditions.

Accord d’intéressement

DispositifAccord d'intéressement
DéfinitionPrime liée aux résultats et/ou aux performances de l'entreprise
Bénéficiaire• Tous les salariés titulaires d'un contrat de travail et d'une ancienneté éventuellement supérieure à 3 mois.
• Le chef d'entreprise, salarié ou non salarié, dès lors que la société emploie 1 à 250 salariés
Méthode de calculUne enveloppe globale est calculée selon une formule quantifiable,
mesurable, basée sur les résultats et/ou les performances, dès l’atteinte
d’un objectif.
Cette enveloppe globale est ensuite répartie aux salariés en fonction
des critères suivants :
• Egalitaire ;
• Proportionnelle au temps de présence ;
• Proportionnelle au salaire.
Mise en placeAccord d’entreprise ou Décision unilatérale de l’Employeur conclu pour 1 à 5 ans, dans les 6 premiers mois de l’exercice comptable.
Avantages pour les salariésExonération de cotisations et d'impôt, sous conditions.
S’il y a un plan d’épargne : Choix du salarié : épargner ou percevoir

Rémunération liée aux performances, motivation de groupe
Avantages pour l’entrepriseMotivation des équipes, amélioration des performances
La prime d’intéressement est exonérée de charges sociales (hors CSG/CRDS) et de forfait social (entreprise < 250 salariés).

Accord de participation

DispositifAccord de participation
DéfinitionMécanisme de redistribution d'une partie des bénéfices de l’entreprise aux salariés, versée sous forme de prime de participation
Bénéficiaire• Tous les salariés titulaires d'un contrat de travail et d'une ancienneté éventuellement supérieure à 3 mois.
• Le chef d'entreprise, salarié ou non salarié sous condition
Méthode de calculFormule basée sur la part des bénéfices à distribuer aux salariés.
La formule de calcul légale est la suivante : [½(B – 5 % C)] x [S/V].
• B : bénéfice net
• C : capitaux propres
• S : salaires
• V : valeur ajoutée de l'entreprise
Mise en placeAccord d’entreprise ou Décision unilatérale de l’Employeur
Avantages pour les salariésPartage des résultats en bénéfice de l’entreprise
Exonération de cotisations et d'impôt, sous conditions.

S’il y a un plan d’épargne : Choix du salarié : épargner ou percevoir

Partage des résultats en bénéfice de l’entreprise
Avantages pour l’entrepriseMotivation des équipes, amélioration des performances
La prime de participation est exonérée de charges sociales (hors CSG/CRDS) et de forfait social, sous condition.

Plan d’épargne salariale

En optant pour la mise en place d’un plan d’épargne salariale vous offrez à vos salariés la possibilité de se constituer une épargne à moyen/long terme tout en bénéficiant d’avantages fiscaux et sociaux sur les sommes versées.
Il existe deux dispositifs d’épargne salariale :

  • Plan d’épargne entreprise – PEE
  • Plan d’épargne retraite entreprise collectif – PERECO

Plan d’épargne entreprise PEE

DispositifPlan d’Epargne Entreprise / PEE
DéfinitionDispositif d’épargne collectif avec abondement employeur.
Il permet aux employés de se constituer une épargne à moyen terme (minimum 5 ans) avec l’aide de leur entreprise.
BénéficiairePour pouvoir mettre en place un PEE il doit y avoir dans l’entreprise au moins un salarié titulaire d’un contrat de travail de droit privé, en plus du mandataire social ou du dirigeant non-salarié. L’emploi d’une personne en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ne suffit pas pour la mise en place.
Tous les salariés (CDI, CDD, contrats d’apprentissage ou de professionnalisation) peuvent en bénéficier. Les stagiaires sont en revanche exclus du dispositif.
L’employeur peut, si il le souhaite, mettre une condition d’ancienneté de 3 mois maximum.
Mode d'alimentationVersements volontaires : Les salariés peuvent effectuer des versements volontaires sur leur PEE, dans la limite de 25% de la rémunération annuelle brute.
Participation : Une partie des bénéfices de l’entreprise est redistribuée aux salariés sous forme de participation, qui peut être versée sur le PEE.
Intéressement : Les primes d’intéressement, liées aux performances de l’entreprise, peuvent également être versées sur le PEE.
Abondement : L’entreprise peut compléter, dans une certaine limite, les versements des salariés par un abondement, augmentant ainsi l’épargne sans effort supplémentaire de la part du salarié.
Prime partage de la valeur : elle peut être versée par le salarié sur son PEE.
Les transferts issus d’autres plans d’épargne salariale.
Mise en placeAccord collectif ou décision unilatérale.
Avantages pour les salariésExonération fiscale : Les sommes versées sur le PEE (participation, intéressement, abondement de l’entreprise, PPV) sont exonérées d’impôt sur le revenu, sous certaines conditions.
Exonération de charges sociales : Les versements sont également exonérés de cotisations sociales, à l’exception de la CSG et de la CRDS.
Avantages pour l’entrepriseDéduction fiscale : Les sommes versées par l’entreprise sont déductibles de son bénéfice imposable.
Exonération de cotisations sociales : Les sommes versées sont exonérées de cotisations sociales. Ces versements sont cependant soumis au forfait social de 20%, sauf pour les entreprises de moins de 50 salariés au titre de la participation et de l’abondement, et jusqu’à 250 salariés pour l’intéressement et la prime partage de la valeur.

Plan d’épargne Retraite entreprise Collectif / Pereco

DispositifPlan d’Epargne Retraite entreprise Collectif / PERECO
DéfinitionDispositif d'épargne retraite collectif, remplaçant progressivement le PERECO, permettant aux salariés de se constituer une épargne avec l'aide de l'entreprise.
BénéficiairePour pouvoir mettre en place un PERECO il doit y avoir dans l’entreprise au moins un salarié titulaire d’un contrat de travail de droit privé, en plus du mandataire social ou du dirigeant non-salarié. L’emploi d’une personne en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ne suffit pas pour la mise en place.
Tous les salariés (CDI, CDD, contrats d’apprentissage ou de professionnalisation) peuvent en bénéficier. Les stagiaires sont en revanche exclus du dispositif.
L’employeur peut, s’il le souhaite, mettre une condition d’ancienneté de 3 mois maximum.
Les dispositifs d’épargne salariale comme le PEE et le PERECO offrent des avantages significatifs tant pour les salariés que pour les entreprises. Ils permettent de se constituer une épargne à moyen ou long terme tout en bénéficiant d’avantages fiscaux et sociaux.
Mode d'alimentationVersements volontaires : Les salariés peuvent effectuer des versements volontaires sur leur PERECO. Ces versements sont déductibles du revenu imposable, sur option et dans la limite du plafond épargne retraite.
Participation : Une partie des bénéfices de l’entreprise est redistribuée aux salariés sous forme de participation, qui peut être versée sur le PERECO.
Intéressement : Les primes d’intéressement, liées aux performances de l’entreprise, peuvent également être versées sur le PERECO.
Abondement : L’entreprise peut également abonder les versements des salariés, augmentant ainsi leur épargne retraite.
Prime partage de la valeur : elle peut être versée par le salarié sur son PERECO.
Les transferts issus d’autres plans d’épargne salariale.
Mise en placeAccord collectif ou décision unilatérale.
Avantages pour les salariésExonération fiscale : Les sommes versées sur le PERECO sont exonérées d’impôt sur le revenu, sous certaines conditions.
Exonération de charges sociales : Comme pour le PEE, les versements sont exonérés de cotisations sociales, à l’exception de la CSG et de la CRDS.

Avantages pour l’entrepriseDéduction fiscale : Les sommes versées par l’entreprise sont déductibles de son bénéfice imposable.
Exonération de cotisations sociales : Les sommes versées sont exonérées de cotisations sociales. Ces versements sont cependant soumis au forfait social de 20%, sauf pour les entreprises de moins de 50 salariés au titre de la participation et de l’abondement, et jusqu’à 250 salariés pour l’intéressement et la prime partage de la valeur.

Pourquoi se faire accompagner ?

La complexité des dispositifs de partage de la valeur, entre réglementation, formules de calcul et implications fiscales et sociales, rend indispensable un accompagnement d’expert. Il garantit la pertinence du dispositif retenu pour votre entreprise et vos salariés, tout en assurant la mise en conformité légale.

Pour un accompagnement complet et personnalisé, l’équipe Anderlaine vous guide à chaque étape du processus :

  • Conseil sur le choix du dispositif en tenant compte de vos objectifs et de votre situation et sur les règles d’abondements
  • Mise en place du dispositif : nous prenons en charge la rédaction des documents nécessaires, tels que les DUE ou les accords d’entreprise, pour la mise en œuvre de la prime de partage de la valeur, de l’intéressement et/ou de la participation.

L’équipe Anderlaine, ceux sont des conseillers en protection sociale, juristes en droit social, gestionnaires de paie et d’avocat en droit social à votre service.

conseil social - dispositif partage de la valeur

Textes de loi : Loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023

Article rédigé par notre duo d’experts Camille Gerin, juriste en droit social & Amandine Chappel, conseillère en Protection sociale

Besoin de conseils pour la mise en place d’un dispositif de partage de la valeur ?

Nos conseillers sont à votre disposition pour échanger sur le sujet et vous accompagner dans la mise en œuvre, le cas échéant.